"Je crois que la place de la femme dans le cinéma évolue au mieux constamment."
Propos recueillis par Laurent De Groof ©
Londres (juillet 2003)
Cinemaniacs : Quelles furent vos inspirations pour votre rôle d'Elizabeth Swann ?
Keira Knightley : Je n'ai pas réellement utilisé de modèle. Au début du film, elle est assez proche de la demoiselle en détresse mais je la décrirais davantage entre Beth Davis et Katharine Hepburn. J'ai ajouté à mon personnage un accent assez distingué. Elle est très directe. Elle a un côté vieille école. Pour être honnête, je n'ai pas fait de recherches spécifiques et je n'en avais pas l'intention. J'avais fait mes bagages pour une semaine lorsque je suis partie pour les Etats-Unis parce que j'étais convaincue que les studios allaient réaliser qu'ils avaient fait une grosse erreur et qu'ils allaient me virer. J'étais tellement surprise d'être engagée que je n'ai pas vraiment eu le temps de préparer mon rôle. (rires)
Cinemaniacs : Votre personnage est bien plus qu'une demoiselle en détresse...
K. Knightley : Oui, j'en suis très heureuse. Je crois que la place de la femme dans le cinéma évolue au mieux constamment. Les femmes ont gagné en indépendance à l'écran, tout comme dans la vie de tous les jours. Elles n'attendent plus d'être sauvée par le prince charmant. Je suis très heureuse de continuer à donner cette image de la femme à l'écran.
Cinemaniacs : Vous êtes néanmoins la seule femme à l'affiche de ce film ?
K. Knightley : Oui, mais je n'étais heureusement pas la seule femme sur le tournage. Ce qui est très différent. Il y avait entre 200 – 300 techniciens autour de nous. Les personnes qui s'occupaient des costumes, du maquillage étaient principalement des femmes. Il n'y avait donc pas de « discrimination ». C'est évidemment génial d'être la seule femme à l'affiche d'une grosse production parce que les acteurs étaient aux petits soins avec moi, du moins la première semaine. Ensuite, ils se sont rendu compte que j'étais comme eux et c'était à mon tour de leur servir le thé. (rires) C'était très amusant.
Cinemaniacs : Vous avez effectué nombreuses de vos cascades mais vous n'avez pas eu de scène de combat d'épée. Est-ce un regret ?
K. Knightley : C'est un gros regret. Je m'attendais à un vrai combat d'épée dans un film de pirates ! J'ai certaines scènes de combat avec une poêle et un chandelier, mais ce n'est pas la même chose. Tous les jours, j'ai supplié les scénaristes de me donner une scène d'épée. On me l'a promettait à chaque fois, mais je ne l'ai jamais eue. Je suis toujours fâchée à ce sujet mais je m'en remets doucement. J'ai failli avoir une scène d'épée dans la demeure des Swann lorsque je m'empare du sabre sur le mur. J'étais très excitée à l'idée de tourner cette scène, qui n'était pas prévue dans le scénario, mais on ne m'avait pas dit que l'épée était collée au mur ! (rires)
Cinemaniacs : Vous vous êtes beaucoup mouillée pour ce film ?
K. Knightley : Oui, je suis souvent tombée à l'eau dans ce film. Je crois que je vais exiger cela dans mes prochains contrats. C'était amusant. La scène de la planche a pris deux jours de tournage. Je n'ai pas particulièrement le vertige mais la planche se balançait assez avec le vent pour me terroriser. C'était très dur. Il m'était très difficile de bouger. Après le tournage des dialogues, le réalisateur m'a dit que je ne devais pas sauter à l'eau. Ce que j'ai refusé. Je n'étais pas restée en équilibre sur cette planche pour finalement me faire doubler. Pas question ! Je méritais le plongeon que j'avais contemplé pendant deux jours. J'ai donc sauté. J'étais fier de moi et l'équipe a applaudi mon saut.
Cinemaniacs : Quel effet cela fait-il de se retrouver entre Johnny Depp et Orlando Bloom ?
K. Knightley : C'était extraordinaire ! Johnny est sans nul doute l'un des plus talentueux comédiens actuels. Il fait partie de la minorité d'acteurs d'aujourd'hui qui n'a pas peur de prendre des risques. Orlando est un amour. (rires) Je pense que si on devait combiner les deux, on obtiendrait un être parfait.
Cinemaniacs : Qu'avez-vous préféré : être sauvée par Johnny Depp ou vous faire embrasser par Orlando Bloom ?
K. Knightley : C'est difficile à dire. Je choisirais être sauvée par Johnny Depp. Probablement parce que le jour où j'ai dû tourner la scène du baiser avec Orlando Bloom, nous étions entourés de jeunes adolescentes folles de jalousie, prêtes à me tuer. Ce qui m'a rendue un peu nerveuse. (rires) C'était donc plus intéressant d'être coincée sur une île déserte avec Johnny Depp. Et surtout je peux m'en vanter ! (rires)
Cinemaniacs : Avez-vous apprécié jouer avec les effets spéciaux ?
K. Knightley : J'ai finalement été peu confrontée aux effets spéciaux du film. On répétait toujours les scènes de dialogues avec l'acteur avant de les tourner dans le vide. Ce qui facilite les choses car on peut toujours se souvenir de la prise avec le comédien. C'était beaucoup plus difficile de tourner les scènes de combats où on devait se battre dans le vide. Peu importe le nombre de répétitions avec des cascadeurs, c'est toujours très difficile de battre de l'air. C'est un sentiment étrange. Mais je crois qu'on ne regarde pas le film pour la beauté des images de synthèse. Ce n'est pas « Matrix » en terme d'action. On ressent la présence des personnages. « Pirates of The Caribbean » fait partie des vieux films d'Hollywood, au même titre que les œuvres d'Errold Flynn.
Cinemaniacs : Aimez-vous le côté globe-trotter de votre métier ?
K. Knightley : J'ai passé beaucoup de temps aux Etats-Unis pour le tournage du film mais j'aime toujours revenir en Angleterre. Je suis une vraie londonienne. (rires) Toute ma vie et mes amies sont à Londres. Je rêvais de quitter mon pays après « Doctor Zhivago » mais vous réalisez finalement que vous avez besoin de vos racines et votre entourage. J'aime voyager.
Cinemaniacs : Quel regard portez-vous sur votre célébrité ?
K. Knightley : Je crois que je n'ai pas encore eu la possibilité de goûter au succès. Je n'étais pas dans le pays lors de la sortie de « Bend It Like Beckham » et de « Doctor Zhivago ». Et je ne m'en plains pas. J'ai une certaine tendance à la schizophrénie capillaire. J'aime passer du blond au noir et du court au long. Ce qui me permet de passer inaperçue lorsque je voyage. Je crois me souvenir que je suis une vraie blonde. (rires) Mes amies aiment se moquer de moi de temps en temps mais je fais du cinéma depuis mes 7 ans et elles se sont faites à l'idée. Cela les amuse.
Cinemaniacs : Vous avez fêtez vos 18 ans durant le tournage du film...
K. Knightley : Oui, mais je suis revenue à Londres pour faire la fête. Je ne voyais pas l'intérêt de fêter mon anniversaire aux Etats-Unis. Cela ne représente rien puisqu'on ne peut pas sortir et boire. (rires)
Cinemaniacs : Avez-vous gardé contact avec Parminder Nagra de « Bend It Like Beckham », votre premier succès international ?
K. Knightley : Oui, absolument. Elle devait venir à la première du film mais son agent l'a appelée au dernier moment pour jouer dans « ER ». Ce qui est extraordinaire. Elle le mérite.
Cinemaniacs : Qu'avez-vous retenu de votre expérience avec George Lucas sur « Star Wars : Episode I » (ndlr : elle avait le rôle de Sabé) ?
K. Knightley : Je dois avouer que je ne me souviens de plus grand chose. J'avais 12 ans et je suis restée deux semaines sur le tournage. J'étais plus une figurante qu'autre chose. Je n'ai jamais parlé à George Lucas. Je n'avais pas de vrai rôle. Mon personnage se limitait à suivre Natalie Portman.
Cinemaniacs : Pouvez-vous nous parler de « King Arthur » ?
K. Knightley : Ce n'est définitivement pas un film familial. Il s'agit d'un film réaliste basé sur la légende du Roi Arthur. La théorie du projet vient que le Roi Arthur était un vrai général romain. Le film n'a rien de magique, c'est davantage un film de gladiateurs. Mon rôle de Guenièvre est très physique, plus que celui d'Elizabeth dans « Pirates of The Caribbean ».
Keira Knightley
interview
PIRATES OF THE CARIBBEAN
La malédiction du Black Pearl
Texte pris sur : cinemaniacs.com